mardi 1 mai 2012

Walking Dead

Walking Dead
de Robert Kirkman et Charlie Adlard

Voilà une série de comics qui a connu un succès que l'on peut qualifier de phénoménal, mais dont je ne m’étais pas vraiment intéressé jusqu’ici. Mais après avoir lu deux romans autour de l’univers des zombies, je me suis laissé tenter.

On suit les aventures de Rick, un jeune policier qui se réveille d’un coma et qui ne peut que constater que son monde à changer. Perdu et inquiet pour sa famille, il erre à la recherche d’autres vivants.
Il est vrai que l'histoire de base n'a pas grand-chose d'original, mais ça fonctionne et même mieux que ça puisque l'on ne peut plus se détacher de ce groupe d'humains qui malgré les tragédies vont tenter peu à peu de se reconstruire dans ce monde qui leur est étranger.

On se laisse très facilement happer par l'univers des auteurs qui nous propulse dans un monde post-apocalyptique infesté de mort-vivants. Reprenant le mythe de ces dévoreurs de chaire, l’histoire est construite autour d'un seul fil conducteur : la survie.
Mais ce qui est vraiment différent ici, c’est que les zombies ne sont qu'un prétexte à l'exploration des relations humaines. Dans un monde où tous les repères ont disparu et où plus aucune structure sociale n'est là pour protéger les individus, on se rend vite compte à la lecture de ce premier tome, que ce ne sont pas les zombies les plus dangereux dans l'histoire.

Le scénario est admirablement maîtrisé. Robert Kirkman entraîne les personnages dans leur retranchement et crée des situations plus que réalistes des attitudes humaines dans des conditions extrêmes de tension, de faim ou de fatigue.
Quant au graphisme, il est d'une extrême noirceur réaliste, notamment dans les expressions des visages, ce qui accentue la tension de l’histoire.

En résumé, ce premier tome s'avère très convaincant. Une nouvelle série totalement addictive, la preuve, je lis déjà la suite !

vendredi 6 avril 2012

Vivants

Vivants d’Isaac Marion
Éditions Bragelonne

Ce n'est une surprise pour personne et on l'a énormément remarqué ces derniers temps, les romans fantastiques de vampires, d’anges et maintenant de zombies sont plus que présents dans les productions. Et dans ce genre les vraies perles sont difficiles à remarquer à côté d’autres oeuvres qui ne font que "surfer" sur le succès. Il existe pourtant quelques exceptions qui réussissent à marier l'originalité et le mythe tout en captivant le lecteur jusqu'au bout.

Dès les premières pages de Vivants, l'auteur nous entraîne dans un univers sombre et mystérieux, où le monde est scindé en deux catégories, les vivants, et les non-morts, autrement dit, les zombies, dont R fait partie.
R est un zombie qui vit dans un aéroport abandonné. Mais il est clair dès le départ que R n'est pas zombie ordinaire, contrairement aux autres, il se pose des questions et rêve. Le jour où R rencontre Julie, une vivante, et qu’il décide de la sauver des autres zombies, il va bouleverser  l’ordre des choses et ensemble ils vont devoir trouver des solutions pour retrouver un équilibre dans le monde.

Revisiter le mythe des zombies à la sauce sentimentale est un pari risqué qui choquera sûrement les fanatiques, mais il faut admettre que l’auteur apporte de la fraîcheur aux idées que l’on peut avoir des morts-vivants.
Son monde post-apocalyptique est extrêmement bien développé et l’on y croit. J’ai d’ailleurs vraiment apprécié que l’univers du récit soit à ce point développé notamment sur la façon de vivre quotidienne des vivants comme des zombies, ça nous plonge au cœur du roman et il est difficile de ne pas adhérer.

Isaac Marion, pour son premier roman, arrive à mélanger brillement le roman d’amour et l’humour noir et c’est ce qui fait toute l’originalité de cette histoire.

jeudi 29 mars 2012

Une année studieuse

Une année studieuse
d’Anne Wiazemsky
Éditions Gallimard

Nous sommes en 1967, Anne Wiazemsky est une jeune fille de bonne famille de 19 ans et sa vie ressemble à un film de la nouvelle vague. En effet, cette histoire, c’est celle de sa rencontre avec le cinéaste avant-gardiste Jean-Luc Godard et de leur passion dévorante malgré leur grande différence d’âge (17 ans)et les différences des milieux.

Mais ce récit évoque avant tout le passage de l’adolescence à l’âge adulte et l'apprentissage amoureux d'une jeune femme à la fin des années 60.
Mais au-delà de l’histoire d’Anne, c'est davantage l'arrière-plan culturel qui séduit dans ce récit autobiographique. On apprend à découvrir le personnage de Godard et l’on croise des grands noms de l’actualité culturelle des années soixante comme François Truffaut, Jean Vilar, Maurice Béjart ou encore Jeanne Moreau. Cette proximité que l’auteur nous offre avec ces personnalités nous entraîne dans un milieu qui fait rêver, surtout à cette époque de révolution culturelle.
À travers une plume étincelante, l’auteur nous fait vivre cette période chaotique des années de contestation où un parfum d’utopie et d’émerveillement flottait.


À plus de 60 ans, elle renoue avec l’innocence de sa jeunesse pour raconter la naissance de son premier amour qui, dans sa mémoire, se confond avec sa passion pour le cinéma.

samedi 17 mars 2012

L'étoffe des Légendes

L’étoffe des légendes de Mike Raicht, Brian Smith et Charles Wilson III
Éditions Soleil

1944, Brooklyn. Un enfant est enlevé par le croquemitaine qui l’emmène dans un royaume mystérieux nommé l’Obscur. Témoin de cet évènement, les jouets du jeune garçon décident alors de partir pour ce monde inconnu afin de sauver leur maître. À leur arrivée, ils se trouvent réincarnés dans leur propre personnage beaucoup plus réaliste : l’ours en peluche devient un animal féroce, le soldat de plomb un as de la stratégie militaire, le bouffon dans sa boîte un acrobate maniant parfaitement la hache… Sous ces nouvelles apparences, ils se lancent dans un combat éperdu contre les armées du croquemitaine.
 
Ne croyez surtout pas en lisant le résumé qu'il s'agit ici d'un conte pour enfant, loin de là.
Dès les premières pages, nous sommes mis dans l’ambiance avec l’enlèvement du  petit garçon, nous avons affaire à un récit sombre et terrifiant. D'ailleurs, à leur arriver dans le royaume du Croquemitaine les jouets sont aussitôt transformés, prenant ainsi une apparence beaucoup plus réaliste et surtout plus menaçante.
Les auteurs utilisent nos peurs d'enfant pour explorer nos angoisses d'adultes. Ce n'est donc pas une histoire destinée aux enfants, malgré les nombreuses références au monde du merveilleux.
 
Le scénario est assez sobre, mais se révèle très efficace grâce à la psychologie des personnages et la narration intelligente sans réel temps mort.
Mais la vraie force de cette BD, ce sont les dessins qui sont juste fascinants. L’illustrateur insuffle une propre identité à la série en choisissant une palette de couleur aux tons sépia, donnant une ambiance à la fois poétique et pesante.
 
L'étoffe des Légendes, mon coup de cœur BD de ce début d’année, est la rencontre entre Toy Story et Fables et nous offre une belle virée onirique dans le monde des jouets. La fin du premier tome nous laisse en haleine et nous espérons ne pas devoir attendre trop longtemps pour lire la suite.

mardi 6 mars 2012

Waterloo Necropolis

Waterloo Necropolis de Mary Hooper
Éditions les Grandes Personnes

Londres, 1861. Grace Parkes est une jeune orpheline de 16 ans qui tente de survivre avec sa sœur malgré leur pauvreté. Lorsque qu’elle embarque à bord de l’express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood, pour enterrer son enfant mort-né,
 elle ne se doute pas qu’elle y fera une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, entrepreneurs de pompes funèbres, qui lui proposent de devenir pleureuse d’enterrement.
 D’abord réticente, la jeune fille se voit obliger d’accepter leur offre après qu’elle et sa sœur se retrouvent à la rue. Les deux sœurs vont devoir faire face aux manigances de cette famille peu honnête et vont découvrir le lucratif commerce des pompes funèbres.

Ambiance brumeuse du Londres du XIXe siècle, cimetières et pompes funèbres. Le décor est planté pour ce nouveau roman de Mary Hooper. On y retrouve tous les ingrédients du roman victorien typique entre orphelins, jeunes gens de bonne famille, prêteurs sur gage véreux et obscur brouillard londonien.

La différence avec les romans du genre, c’est qu’ici, l’auteur a choisi d’explorer un aspect mal connu, celui des surprenantes coutumes funéraires en vigueur à cette époque. Et, malgré ce sujet morbide, le roman est léger et vraiment drôle. Il  est porté par la détermination et le courage de Grace. On s’attache très vite à son parcours qui, par le talent d’une écriture soignée, emporte l’adhésion du lecteur dès les premières lignes.


Le réalisme de l’époque victorienne nous happe dans ce roman, on se croirait presque dans un roman de Dickens et c’est magique.